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dimanche 4 octobre 2015

Kenizé Mourad - De la part de la princesse morte

    Dadée II le retour, me direz-vous... en effet, ces derniers temps, j'ai vraiment eu du mal à poster. Trop de travail, pas le temps, et une panne de wifi n'y sont pas étrangers. Du coup, je ne sais pas trop si je pourrai garder un rythme régulier... Enfin, pendant tout ce temps, j'ai quand même lu 8 livres ! (Eh oui, quand on n'a pas Internet, on s'occupe comme on peut ;).) Donc, voici l'article sur un livre que j'ai lu il y a assez longtemps.

Titre: De la part de la princesse morte
Auteur: Kenizé Mourad
Genre: biographie romancée
Date de publication: 1987
Langue: français

Résumé
    Née dans un palais d'Istanbul, capitale de l'Empire ottoman, au début du XXème siècle, la princesse Selma aura un destin atypique. Fille d'une sultane au caractère bien trempé, la petite fille traverse la période difficile de la guerre de 1914-1918, avec l'occupation de l'Empire ottoman par les occidentaux vainqueurs et la prise de pouvoir de Kemal Pacha, qui chasse la dynastie ottomane. Alors qu'elle est encore petite fille, elle doit s'exiler avec sa mère et son frère au Liban. Malgré quelques discriminations et brimades, malgré la pauvreté qui gagne sa famille, ce sont des années plutôt heureuses qu'elle y passe: jeune fille, Selma est très admirée et court les bals de Beyrouth. Elle jouit d'une certaine liberté qui lui manquait à Istanbul, où les femmes devaient sortir voilées ou rester confinées dans le haremlik. Cependant, la vie qu'elle mène lui pèse: la princesse aspire à un destin grandiose. C'est ainsi qu'elle accepte d'épouser un rajah qu'elle n'a jamais vu et de partir pour les Indes.
Mon avis
   Tout d'abord, l'aspect historique de ce roman n'est pas dépourvu d'intérêt. En effet, l'histoire de l'empire ottoman est souvent mal connue en France; elle n'est pas ou peu enseignée à l'école (ou on n'en garde pas un souvenir impérissable). Aussi, ce roman permet d'avoir un éclairage sur le passé de ce grand pays aux portes de l'Europe. De plus, en ce XXème siècle agité traversé par cette héroïne, l'Empire ottoman n'est pas la seule contrée agitée par une révolution: Selma traverse aussi la lutte pour l'indépendance indienne; et le roman offre aussi de découvrir un
de ses aspects moins évidents, c'est-à-dire les relations entretenues par les rajah, l'aristocratie locale, et les Britanniques. En cela, le roman m'a beaucoup intéressée.
   En outre, De la part de la princesse morte est aussi un roman sur le monde musulman. J'ai découvert le mode de vie à l'orientale, avec les harems, un monde de femmes qui ne restent pas passives, loin de là, mais font souvent montre de plus de volonté que les hommes, mais aussi les nombreuses restrictions et brimades dont y sont victimes les femmes. La souffrance de Selma, femme indépendante, d'être privée de liberté, d'être considérée comme une éternelle mineure à surveiller, fend véritablement le cœur. A travers l'évocation des tensions religieuses en Inde, j'ai aussi beaucoup appris sur les différences entre sunnisme et chiismes, qui m'avaient longtemps laissée perplexe.
   Mais, outre l'aspect historique, certes très présent, ce livre est également, en quelque sorte, un roman. Roman d'apprentissage pour Selma, passée des honneurs à la déchéance sociale, qui découvre les premiers émois amoureux et les difficultés de la vie de couple, ainsi que les ravages de la passion. C'est également un roman qui constitue un véritable hymne à la femme, à sa liberté, à sa volonté, à sa capacité d'empathie, à son courage et sa fierté aussi, qualités dont savent faire preuve Selma et sa mère.
   Mais toute ma sympathie est allée au personnage de Zeynel, eunuque du harem, resté jusqu'au bout fidèle à sa sultane. Son amour sans espoir, plein d'une frustration douloureuse, pour la mère de Selma, dont il a la douleur de voir qu'elle ne le considère pas véritablement comme un homme à part entière, m'a bouleversée. C'est, je trouve, un personnage plein de complexité et de subtilité, un personnage rongé aussi, par cet amour impossible. En cela, il est vraiment original.
   Pour conclure, il s'agit d'un roman passionnant, d'un style très agréable, qui apporte un éclairage historique sur des périodes méconnues sans tomber dans le pompeux ou l'ennuyeux, et c'est pour cela que je l'ai bien apprécié. Je me permettrai uniquement un petit bémol pour quelques passages de la partie indienne qui m'ont paru parfois un peu répétitifs, et pas toujours très clairs. C'est uniquement pour cela que je ne lui donne pas la note maximale.

Mon verdict
   4/5, historiquement éclairant

lundi 17 août 2015

Jean Giono - Le Hussard sur le toit

    Encore une fois, j'ai une semaine de retard... mais que voulez-vous, ma vitesse de lecture dépend de l'intérêt que je porte au roman en cours ! Aujourd'hui, c'est sur un roman de Jean Giono, Le Hussard sur le toit, que je vais écrire.

Titre: Le Hussard sur le toit
Auteur: Jean Giono
Genre: roman d'aventures
Date de publication: 1951
Pays: France

Résumé
   Angelo, fils naturel d'une duchesse italienne et jeune colonel de hussards, doit s'exiler en France après un duel avec un opposant des carbonari, membres d'une société secrète pour l'unité italienne. Il parvient dans le Midi alors même que la région est dévastée par une terrible épidémie de choléra. Après une nuit passée à chercher des survivants dans un hameau dévasté en compagnie d'un médecin français qui contracte aussitôt la maladie et y succombe, Angelo parvient à Manosque. Suspecté d'être un empoisonneur de fontaines, il soit se réfugier sur les toits pour échapper aux gendarmes et à la foule en proie à la panique. Il y fera la rencontre d'une jeune femme, Pauline de Théus, auprès de laquelle il continuera son voyage de retour dans sa mère patrie.
Mon avis
   D'après les premières lignes qui introduisent cet article, vous devez vous douter que ce roman ne m'a pas outrageusement passionnée. Le premier grief que j'ai contre lui est la trop grande complexité de la sous-intrigue, c'est-à-dire la lutte d'Angelo pour une république italienne. Je n'ai compris qu'au bout de 200 pages environ ce qui avait conduit Angelo à s'exiler en France, et quant à la lettre rendant compte de ses menées clandestines pour l'unité de l'Italie qu'envoie sa mère à Angelo, je suis toujours dans la plus grande perplexité. Même si cette lutte est évoquée relativement souvent, le lecteur sait finalement très peu de chose à ce sujet, alors que c'est tout de même ce qui motive les déplacements difficiles d'Angelo dans un pays dévasté par le choléra. Je suis donc en proie à un sentiment de frustration à ce sujet.
   Autre chose. Le personnage d'Angelo, ce jeune idéaliste généreux et enthousiaste, m'a profondément exaspérée, malgré ses indéniables qualités. En effet, j'ai trouvé ce personnage absolument bouffi d'orgueil, au point qu'on peut légitimement se demander si les plus généreuses et nobles de ses actions ne sont pas uniquement destinées à renforcer la déjà haute opinion qu'il a de lui-même. A mon sens, il frôle parfois le ridicule, et cette hypocrisie du personnage, qui n'est pas consciente chez lui, a suffi pour me le rendre antipathique.
   En ce qui concerne le style, je n'ai pas non plus apprécié les dithyrambiques descriptions de la nature, qui emploient pléthore d'adjectifs, au détriment de la simplicité et de la recherche du mot juste chère aux poètes.
   Le seul passage qui a excité mon intérêt sont les péripéties qui se déroulent à Manosque, et les quelques réflexions sur les mouvements de foule, qui, il faut le dire, sont assez justes je pense.
   J'ai donc lu ce roman avec ennui, en comptant les pages qui me restaient, surtout à la fin où une sorte d'élucubration d'un personnage sur le caractère psychologique a constitué le point culminant de ma lassitude. Quelle chance j'ai eu de ne pas avoir ce roman au bac... Sur le même thème, j'ai bien mieux apprécié La Peste de Camus, que j'ai trouvé plus intéressant philosophiquement parlant.

Mon verdict
   2/5, ennuyeux

lundi 8 juin 2015

William Golding - Sa Majesté des Mouches

  Encore une fois, je dois m'excuser pour ce retard hallucinant... Que voulez-vous, entre les bacs et les oraux blancs je n'ai pas disposé de beaucoup de temps récemment...juste assez pour faire de nouveaux achats de livres (ce que vous avez déjà vu si vous me suivez sur Twitter ou Facebook, ce que je vous engage vivement à faire). Maintenant que je souffle un peu juste avant la fin des cours, j'ai le temps de lire...et d'écrire sur un roman dont j'avais entendu parler par une interview d'Eoin Colfer, un auteur jeunesse que j'apprécie beaucoup.

Titre: Sa Majesté des Mouches
Auteur: William Golding
Genre: roman d'aventures
Date de publication: 1954
Pays: Grande-Bretagne

Résumé
    A la suite d'un accident d'avion, une soixantaine d'enfants entre 5 et 13 ans se retrouvent seuls, sans adultes, sur une île déserte et idyllique. Très vite, un chef est désigné: c'est Ralph, un des plus âgés, charismatique et chaleureux. Mais un certain Jack, choriste principal d'une maîtrise de garçons, est jaloux de lui et lui en garde rancune. Ralph édicte des règles précises: un feu doit être allumé en permanence au sommet de l'île, c'est leur seul espoir de salut selon lui. Ce feu sera la cause de tensions de plus en plus violentes entre Jack et la maîtrise, qui s'occupent de la chasse, et Ralph et son acolyte myope souffre-douleur de Jack, surnommé Porcinet. A mesure que des peurs feront leur apparition dans la petite communauté, les évènements s'enchaîneront très vite pour aboutir à la violence et à la mort de certains enfants.

Mon avis
   J'ai lu ce roman afin de pouvoir avoir un autre point de vue sur le mythe du Bon Sauvage abordé dans Vendredi ou les Limbes du Pacifique et le genre de la robinsonnade en général. En cela, je n'ai pas été déçue: Sa Majesté des Mouches est radicalement différent du roman de Michel Tournier. Si Robinson apprend à vaincre ses instincts brutaux et à vivre en harmonie avec l'Autre loin de la société, c'est exactement l'inverse qui se passe dans ce roman: les enfants finissent par s'écharper à qui mieux mieux avec une violence incroyable. 
   En cela, le roman est très intéressant: il montre comment une personne frustrée et autoritaire finit par manipuler un groupe pour le gagner à sa cause, se le dévouer, y entretenir la peur de l'inconnu, désigner des boucs émissaires et finalement faire usage de la violence. Ce récit révèle, à mon sens, la monstruosité tapie en chaque homme, qui ressort dans des situations extrêmes dans lesquelles la raison n'est plus utilisée. Le roman est donc assez terrifiant en cela: voir des enfants normaux se transformer en meurtriers, abdiquant presque leur humanité (on le s'en rend compte à la fin du roman; cette humanité est, mais je m'avance peut-être un peu trop, représentée par le feu), est fascinant et horrible à la fois.
   J'ai reconnu dans Sa Majesté des Mouches la cruauté dont peuvent faire preuve les enfants, qui m'avait déjà choquée dans Wonder.
   Le style, et notamment les descriptions de l'île, est très agréable à lire. J'ai donc plutôt apprécié ce roman, que j'ai d'ailleurs lu d'une traite, et recommanderais aux jeunes adolescents comme aux adultes.
   Mon seul regret reste la fin, assez brutale et énigmatique à mon sens, ainsi que quelques passages qui sont restés obscurs pour moi.

Mon verdict
   4/5, un roman psychologique intéressant sur la monstruosité et le groupe

dimanche 17 mai 2015

Philippe Beaussant - Héloïse

   Sur les bons conseils de ma sœur, qui m'a prêté ce roman, je me suis plongée dans la lecture d'Héloïse, de Philippe Beaussant.

Titre: Héloïse
Auteur: Philippe Beaussant
Genre: roman d'amour
Date de publication: 1993
Pays: France

Résumé
    A la fin du XVIIIème siècle, la jeune Héloïse passe une enfance idyllique dans le château où son père est régisseur et sa mère femme de chambre. Elle doit son prénom à l'héroïne de Rousseau que révèrent le Comte, la Comtesse et ses parents. Son compagnon de jeux, le fils des châtelains, est lui-même prénommé Jean-Jacques. Les deux enfants sont élevés selon les principes d'éducation de l'Émile: entourés d'affection, jamais réprimandés, ils découvrent la nature, apprennent à lire dans La Nouvelle Héloïse avec les mêmes maîtres, et leurs parents leur apprennent même à faire la charité aux nécessiteux du village. Ce ciel sans nuages s'obscurcit lorsque le jeune Jean-Jacques est envoyé en ville faire des études militaires. Ayant été bercée des romans d'amour de Rousseau, précurseur du romantisme, elle tombe fatalement amoureuse du jeune garçon, et ne cesse de se languir de lui les longues années qu'il passera loin du château. Mais quand il reviendra, la Révolution française aura été amorcée à Versailles et les deux héros verront leur monde s'effondrer.

Mon avis
   Tout d'abord, j'ai trouvé ce roman plutôt facile à lire: il est court, et de style fluide et agréable. La fin, assez abrupte, est remarquable.
   Je devrais parler de l'intrigue, qui n'est pas d'une originalité débordante: la naissance de l'amour et de ses illusions chez une jeune fille, l'idylle contrariée et la tourment de la Révolution française sont des thèmes vus et revus. Mais ce n'est pas l'intrigue en elle-même qui fait l'originalité et l'intérêt du roman, c'est plutôt ce regard critique sur les théories rousseauistes.
   Je dois avouer que je connaissais mal Rousseau: je l'ai peu étudié en cours de Français, et ma connaissance de ses thèses n'étaient pas très poussées. Ce roman m'a apporté sur ce sujet un éclairage nouveau.
   Mais l'intérêt principal du roman consiste en la prise de distance critique de la narratrice, Héloïse vieille femme, par rapport à cette éducation. En effet, l'impression ressentie par le lecteur est que ces deux enfants sont maintenus à l'écart du monde de leur époque, du vrai monde: ils vivent dans un monde idyllique, un "monde de Bisounours" où tout le monde est beau, gentil, généreux et nourrit de bons sentiments. Si bien que lorsqu'ils sont confrontés à la haine et à l'hostilité des habitants du village pendant la Révolution, la désillusion est brutale et cruelle pour eux, et ils sont complètement désarçonnés et ne savent comment réagir.
   De même, leur éducation sentimentale est désastreuse: la façon dont Héloïse tombe amoureuse de Jean-Jacques est assez artificielle finalement: elle l'aime pour imiter les héroïnes dont elle a entendu parler pendant toute son enfance.
   L'éducation des parents est finalement assez paradoxale et incohérente, puisqu'ils ne cessent de prêcher l'égalité et élèvent les deux enfants ensembles, mais refusent fermement de consentir à un mariage qui serait une mésalliance. J'ai trouvé la façon dont ils organisent pour les enfants une sorte de visite d'une famille miséreuse pour les inciter à la charité assez artificielle et cette mise en scène gênante.
   Ce roman est très intéressant pour comprendre le retournement des esprits à l'origine de la Révolution française, initié par les philosophes des Lumières, repris avec enthousiasme par les nobles, et communiqué au peuple des campagnes plus ou moins manipulé par des meneurs. Cette vision des choses m'a intéressée, même si ce n'est peut-être pas l'unique possible. Enfin je ne vais pas trop m'aventurer sur ce terrain-là, je ne maîtrise pas du tout assez l'histoire pour en parler.
   Même si cette période de l'Histoire ne me passionne pas plus que ça, j'ai quand même lu ce roman avec intérêt à cause de ces aspects.

Mon verdict
4/5, intéressant

dimanche 3 mai 2015

In English - Agatha Christie- Murder on the Orient-Express

   I owe an apology to the English-speaking people who still follow me (if there are still English-speaking people who follow this blog...). It has been a while since I haven't posted anything in English. So I am back with a classic by Agatha Christie.

Title: Murder on the Orient-Express
Author: Agatha Christie
Genre: Crime novel
Year: 1934
Country: United Kingdom

Summary
    The great Belgian detective Hercule Poirot, staying in Instanbul, has to go back to London quickly. He therefore takes the famous and luxurious Orient-Express with his friend M.Bouc, who works at the Compagnie Internationale des Wagons-Lits. One night, the train gets held up in the snow, and this night, an American, Mr. Ratchett, is stabbed. The murderer has to be one of the passengers. Poirot wants to solve the case. He soon finds some clues and hears of a young lady with a red silk dressing-gown. Some contradictions appear that make the case more and more complicated and Poirot has to use the power of his little grey cells...

My opinion
    I have read a lot of Agatha Christie's novels, and since this one is one of her most famous crime novels, I thought it was time for me to read it.
    I found what I like in crime novels in general: a tricky mystery, and a surprising solution. Of course the solution seems obvious when Poirot explains everything, and I guess this is why Agatha Christie truly deserves her nickname "the Queen of Crime". This is why this book is fascinating; you can't put it down.
   But what I like the most in Agatha Christie's novel is the humour and the self-mockery towards the English. She is exceptionally talented for sketching characters in a very funny way. Or at least, you will find it funny and amusing if you like British humour.
   This is why I can say I liked this novel, but it won't supplant in my heart the genuine Destination unknown and Endless Night.

To conclude
   4/5, a admirable crime novel filled with humour

   By the way, I created a Facebook page for the blog, so make sure to like it !!!
   There is a strong probability that the next article is about Thérèse Raquin by Zola.
   Once again, please forgive the mistakes I have surely made, and feel free to correct me in the comments down below.

mardi 10 février 2015

Stefan Zweig - Lettre d'une inconnue

   Après une éprouvante semaine de devoirs, je reviens avec ma dernière lecture, une oeuvre de Stefan Zweig dont j'avais déjà entendue parlé, mais c'est l'amusant blog Les Lectures de Cécile, que je suis, qui m'a finalement décidée à le lire !

Titre: Amok suivi de Lettre d'une inconnue
Auteur: Stefan Zweig
Genre: nouvelle
Pays: Autriche
Date de publication: 1922

Résumé
   L'édition en livre de poche, que j'ai lue, regroupe trois nouvelles de Stefan Zweig ayant pour thème la passion.
   Amok retrace l'histoire d'un médecin de brousse européen installé en Malaisie. Homme assez indolent et retiré du monde, il reçoit un jour la visite d'une lady hautaine qui recquiert ses services pour un avortement discret. Un climat de défi s'installe entre les deux personnages, et ce sera pour ce médecin le point de départ d'une passion dévorante pour cette femme.
   Le sujet de Lettre d'une inconnue est l'amour muet, mais pas moins passionné, qu'une jeune fille autrichienne a porté à un écrivain en vue, son voisin, avec qui elle n'a eu que peu de contacts et qui a toujours agi avec elle d'une façon assez légère.
   Quant à la troisième nouvelle du recueil, La Ruelle au clair de lune, elle met en scène un couple déchiré dont la femme, devenue prostituée, repousse avec cruauté celui qui a été son mari, qui, lui, lui voue un amour passionné et violent. Mais le tourmenteur et le tourmenté ne sont finalement pas ceux qu'on pensait...

Mon avis
   Ce recueil a le grand mérite, que n'ont hélas pas tous les recueils de nouvelles, parfois composés de manière assez arbitraire par les éditeurs, d'avoir une vraie unité. Ces trois nouvelles, relativement longues au demeurant, ont en effet un thème commun: la passion amoureuse dans ce qu'elle a de plus extrême, à la limite du sado-masochisme (particulièrement dans La Ruelle au clair de lune).
   Le thème de la passion amoureuse est traité d'une façon remarquable. En effet, c'est son aspect destructeur, pour soi-même et l'autre, qui est mis en avant dans ces nouvelles. J'ai trouvée très intéressante cette réflexion sur la passion, qui va jusqu'à la folie, l'obsession, l'anihilement de toute volonté, ou réflexion (comme chez la jeune héroïne de Lettre d'une inconnue).
   Ce thème si riche permet aussi d'introduire des personnages fascinants, comme la lady de Amok, énigmatique, distante, cruelle, et qui a pourtant, elle aussi, aimé... Dans Lettre d'une inconnue, c'est le personnage  de la jeune amoureuse qui m'a frappée: sa passion est en effet si forte qu'elle n'arrive pas à avoir un seul reproche ou à être malheureuse à cause de celui qu'elle aime, alors même que celui-ci passe sa vie à l'oublier et à ne pas se rendre compte de son amour silencieux. J'ai trouvé cela assez déroutant, peut-être plus encore que les relations violentes qui existent entre les personnages d'Amok ou de La Ruelle au clair de lune.
   J'ai donc particulièrement apprécié ce recueil, vraiment fascinant. J'ai retrouvé, bien sûr, le plaisir de goûter à une belle écriture ! Ma préférence va sans doute à Amok, où l'atmosphère tropicale ajoute encore à l'étrangeté et à la violence des sentiments, dans ces contrées où "la chaleur rend fous les Européens" selon le personnage principal.

Mon verdict
   5/5, de fascinantes esquisses de la passion.


samedi 17 janvier 2015

Michel Tournier - Vendredi ou les limbes du Pacifique

   Encore un roman que je devais lire pour le lycée et que nous allons étudier en œuvre intégrale pour le bac. J'ai déjà parlé ici d'un livre que j'ai dû lire pour le lycée. Il s'agissait des Cerfs-Volants, de Romain Gary, une œuvre que j'avais adorée. J'attendais donc beaucoup de celui-ci qui, d'après ce que j'ai cru comprendre, est un classique du bac.

Titre: Vendredi ou les limbes du Pacifique
Auteur: Michel Tournier
Genre: conte philosophique, réécriture
Date de publication: 1969
Pays: France

Résumé
   Robinson Crusoé, jeune Anglais d'une vingtaine d'années, est le seul rescapé du naufrage du navire La Virginie. Il se retrouve totalement seul, sur une île inhabitée au large du Chili, loin de la côte ou même des îles habitées. Il met alors tous ses efforts dans la construction d'un bâteau, qu'il nomme l'Évasion, afin d'échapper au terrible destin qui l'attend. Mais il a négligé un paramètre de taille lors de sa construction: le poids. Le bâteau est trop lourd pour que Robinson puisse l'amener à la mer. Désespéré, le naufragé s'abandonne alors à la souille: il reste prostré, le corps plongé dans un marécage boueux qui, par une étrange association d'idées, lui rappelle son enfance. Il finira par en sortir pour décider de se reprendre en main et d'organiser sa vie sur l'île, qu'il nomme Speranza, et avec laquelle il entretiendra des relations pour le moins intimes, passant par plusieurs phases successives.

Mon avis
   Enfant, j'avais adoré le Robinson Crusoé de Daniel Defoe. Le moins que je puisse dire au sujet de cette version, c'est qu'elle en diffère totalement.
   En effet, si la version originale était plus un roman d'aventures, celle-ci est un conte philosophique à part entière, abordant les thèmes de la solitude, de la proximité avec la Nature, de la sexualité, et même du racisme. Ceci confère à cet ouvrage un certain intérêt, mais je n'ai franchement pas apprécié. En effet, la philosophie de ce livre penche, selon moi, vers l'ésotérisme, ce qui m'a fait trouver ce conte assez obscur. J'avoue que je n'ai pas tout compris (et c'est une litote...). Le passage de Robinson passant par des phases psychologiques successives m'a cependant intéressée, tout comme les derniers rebondissements de l'intrigue que j'ai trouvés tout à fait porteurs de sens. Ceci dit, les passages d'une phase psychologique à l'autre m'ont paru un peu brutaux. J'ai également du mal avec le mythe du bon sauvage, qui a une place importante, surtout vers la fin du livre: en effet, ne rien faire, ne pas se projeter dans l'avenir, et surtout vivre au gré de ses envies du moment les plus fantasques, n'est-ce pas renoncer à sa qualité d'homme en abdiquant toute volonté et en ne se laissant plus guider que par ses instincts ? De plus, je pense que l'homme est fait pour vivre en société, pour entretenir des relations avec les autres, communiquer avec eux sur tous les sujets possibles. Je n'étais donc pas vraiment d'accord avec la thèse défendue par ce livre; après, cela ne m'a pas empêché de trouver certaines idées intéressantes.
   Une deuxième chose m'a gêné dans ce livre, et je le dis franchement au risque de paraître prude ou vieux-jeu: c'est le rapport vraiment...particulier que Robinson a à la sexalité, rapport présenté comme idéal dans le conte. D'autant plus que le sens à donner à tout cela est plus qu'obscur. Certains détails honnêtement peu ragoûtants et l'emploi de mots qui ne devraient jamais figurer dans la littérature ne m'ont pas plu.
   Ici une petite mise au point s'impose. À ce stade, vous devez me trouver horriblement prude et étroite d'esprit. Ce n'est pas que je n'apprécie pas que la littérature aborde le sujet de la sexualité: si tel était le cas, je n'aurais plus grand-chose à lire... Par exemple, des auteurs comme Zola, qui aborde tout de même ce thème en long, en large et en travers dans la plupart de ses romans (je pense, entre autres, à Nana ou à La Terre), et qui, par ailleurs est mon auteur préféré, ou Maupassant, volontiers grivois, ont l'art extraordinaire d'aborder de tels sujets d'une façon toujours fine, sans employer de mots crus ou vulgaires, et avec le génie qui leur est propre.
   En ce qui concerne la simple forme, je n'ai pas apprécié non plus: j'ai trouvé le style presque pédant tellement il est recherché et alambiqué. Les phrases regorgent d'adjectifs et d'adverbes, chacun de plus de quatre syllabes. D'une façon général, j'ai trouvé que cette abondance de détails, cette richesse de déterminants, nuisait au pouvoir de suggestion du livre. Mon imagination a été peu sollicité et je me suis franchement ennuyé, d'autant plus que j'ai peiné à trouver un sens à tout cela. Malgré tout, j'ai apprécié le système d'énonciation et de point de vue qui oscille entre le point de vue du narrateur omniscient et celui de Robinson.
   Tout compte fait, j'appréhende pas mal le fait de devoir travailler pendant un mois là-dessus...

Mon verdict
1/5, précieux et obscur



mercredi 7 janvier 2015

Albert Camus - La Peste

   Cela doit bien faire un mois que je n'ai rien posté... Noël, le jour de l'An, la révision d'un oral blanc de Français et la préparation de mon TPE y sont pour quelque chose. Enfin, je m'excuse et ose espérer que cela ne se reproduira pas trop souvent. Je vous reviens donc avec l'unique malheureux ouvrage que j'ai eu le temps de lire en trois semaines, La Peste de Camus. J'avais lu (et aimé) L'Étranger, c'eût été pécher que de ne pas me plonger dans La Peste.

Titre: La Peste
Auteur: Albert Camus
Genre: roman
Date de publication: 1947
Pays: France

Résumé
   Dans la ville algérienne d'Oran, la vie suit son paisible cours, et pourquoi ne le suivrait-elle pas ? Un habitant commence alors à rédiger des carnets, qu'ils veut objectifs, relatant la vie de la cité. Mais cette paix est bouleversée lorsque se produit une invasion de rats, qui sortent mourir à l'air libre, suivie de quelques morts suspectes. Pour le docteur Bernard Rieux, qui s'est occupé d'un des malades, ce ne peut être que la peste, que l'on croyait éradiquée. Devant le nombre croissant de morts, les autorités décident de mettre la ville en quarantaine. Le docteur Rieux, homme profondément dhumaniste, fournit tous ses efforts pour tenter d'enrayer l'épidémie. Tout comme lui, Tarrou, personnage quelque peu énigmatique, s'engage courageusement au service de la cité. Oran sera alors le théâtre d'un drame à la fois collectif et personnel, mêlant les destins de nombreux personnages.

Mon avis
   La première chose qui m'a frappée à la lecture de ce livre, c'est l'admirable évocation de la ville. Il m'est presque arrivé de considérer la ville comme un personnage. En effet, l'atmosphère de cette ville algérienne des années 40 est très particulière. De plus, et c'est une des raisons principales pour lesquelles j'ai aimé ce roman, la conscience collective, l'opinion publique en temps de fléau, et même plus largement, sont particulièrement bien étudiées dans ce roman, très intéressant en terme de psychologie collective.
   Un deuxième aspect peut toucher le lecteur: c'est l'allégorie du nazisme (et, au delà, de n'importe quelle idéologie dangereuse) qui apparaît dans ce roman. En effet, des personnages comme le docteur ou Tarrou, profondément humanistes, remplis de foi en l'homme, en la vie, en ce qui est juste et bon, sans être pour autant outrageusement optimistes, modestes, représentent évidemment des résistants, tout comme Cottard, qui s'enrichit grâce à l'épidémie, les profiteurs de guerre. Cet aspect du roman est également passionnant.
   J'ai particulièrement apprécié un personnage, Grand, homme sensible, qui rencontre des difficultés à s'exprimer: il projette d'écrire un roman, mais ne parvient pas à dépasser la première phrase, obnubilé qu'il est par la recherche de la beauté, de la vérité littéraire et de la perfection. Ce personnage m'a paru très sympathique et sa quête admirable et fascinante à la fois.
   Concernant l'écriture, je crois que je commence à m'habituer au style particulier de Camus. Cette objectivité, qui se manifeste, entre autre, par des phrases concises, non dénuée toutefois d'interventions du narrateur (peu courantes, il est vrai) m'a bien plu.
  Toutefois, j'avoue n'avoir pas été particulièrement tenue en haleine par ce roman même si je l'ai bien apprécié. J'ai ressenti une sorte d'absence de héros à proprement parler (même si le docteur est une figure importante), peut-être due à cette volonté d'objectivité qui frôle le point de vue externe, et je pense que cela m'a déroutée.

Mon verdict
   4/5, très intéressant en ce qui concerne la psychologie collective


dimanche 23 novembre 2014

Boris Vian - L'Écume des Jours

   Après deux semaines assez denses consacrées à mes devoirs trimestriels, je reviens avec un billet sur ce classique adapté au cinéma il y a peu.

Titre: L'Écume des Jours
Auteur: Boris Vian 
Genre: roman
Date de publication:
Pays: France

Résumé
   Colin est un jeune homme aisé qui vit sans avoir besoin de travailler dans un joli appartement, avec son cuisinier Nicolas, un fin gourmet. Il reçoit régulièrement son ami Chick, passionné pour les oeuvres d'un auteur à la mode, Jean-Sol Partre, dont il achète tous les ouvrages avec une frénésie compulsive. Ce dernier rencontre une jeune fille, Alice, qui avait d'abord plu à Colin, et emménage avec elle. À son tour, Colin rencontre l'amour en la personne de Chloé, jeune fille charmante, avec laquelle il vit un amour passionné et qu'il épouse très rapidement. Mais dès leur voyage de noces, Chloé semble malade, après consultation, Colin apprend qu'elle a un nénuphar qui pousse dans son poumon. Quant à la relation de Chick et Alise, elle ne cesse de se détériorer suite à l'idolâtrie excessive que Chick a pour Partre. Les quatre amis parviendront-ils à surmonter ces épreuves ?

Mon avis
   Tout d'abord, on ne peut parler de ce roman sans parler de son univers si particulier, un univers proche du nôtre mais comportant de nombreux éléments insolites, comme par exemple la cause de la maladie de Chloé. Ce parti-pris de narration est bien évidemment particulièrement original, fantaisiste, poétique et vise à surprendre le lecteur à chaque instant.
   Or, il se trouve, enfin c'est mon avis, que cet univers sert tout à fait la narration. Une histoire d'amour éternelle et tragique, profondément humaine finalement, est traitée de façon inattendue voire surréaliste. Le fond, c'est-à-dire ce thème récurrent de l'amour tragique, est plein de finesse et de charmes dans l'esquisse des personnages et des sentiments.
   L'écriture est bien sûr extrêmement travaillée et recherchée, si bien que chaque bizarrerie ou élément insolite a un sens caché, est une contrepétrie ou un retournement d'une expression toute faite appliquée au sens propre. Concernant ce point, il me semble que ceci pourrait bien agacer ou dérouter certains.
   Pour finir, je n'ai pu m'empêcher de sourire à l'évocation des personnages de Jean-Sol Partre et de Chick, lequel m'a fait penser aux fans actuels !
   En conclusion, j'ai beaucoup apprécié ce roman, même si je conçois qu'il ne plairait sans doute pas à tout le monde.

Pour conclure
   5/5, une tragique histoire d'amour dans un univers surréaliste


lundi 10 novembre 2014

Paul Guth - Jeanne la Mince à Paris

   Paul Guth étant l'un des auteurs favoris de ma mère, il était donc normal qu'elle pe conseille un de ses ouvrages lorsque, éperdue, je me suis jetée à ses pieds en m'écriant: "Je n'ai rien à lire !". Voici donc le compte-rendu de la lecture conseillée par l'auteur de mes jours.

Titre: Jeanne la Mince à Paris
Auteur: Paul Guth
Genre: roman d'apprentissage
Date de publication: 1961
Pays: France


Résumé

   Jeanne est une jeune fille élevée dans le Tarn-et-Garonne par une tante austère mais affectueuse. De sa mère chilienne, elle a hérité des cheveux noirs de jais et une maigreur qui lui a valu le surnom de Jeanne la Mince, ainsi qu'un talent remarquable pour la danse. Lorsque son père, resté au Chili, estime qu'elle est restée assez longtemps en province et qu'il est temps pour elle de monter à Paris, sa tante pousse les hauts cris. Comment, elle laisserait partir Jeanne pour cette ville de perdition ! Las, Jeanne s'établira bien dans le Paris des Années Folles, où son adaptation ne se fera pas en deux temps trois mouvements. Sombrera-t-elle dans le déshonneur et l'extravagance contre lesquels sa tante l'a mise en garde ?

Mon avis
   Tout d'abord, penchons-nous sur la plus grande réussite de ce roman: l'atmosphère plus vraie que nature du Paris des Années Folles, avec ses dancings, ses coupes à la garçonne, ses artistes dadaïstes, ses riches séducteurs sans scrupules, ses pensions d'étudiantes... J'ai vraiment adorée cette atmosphère d'une époque que je connaissais finalement peu et sur laquelle j'avais lu peu de romans.
   En cela, le personnage de Jeanne la Mince, petite provinciale fraîchement arrivée à Paris, avec son caractère bien trempé, mais aussi sa naïveté, et surtout le regard mi-étonné mi-sarcastique qu'elle pose sur les évènements de sa vie, y contribue beaucoup. C'est un personnage que j'ai trouvé très attachant et amusant.
   Quant à la narration, son humour certain n'a cependant pas toujours fonctionné sur moi, mais le roman reste facile à lire et très divertissant.
   J'ai donc bien apprécié ce roman, sans qu'il s'agisse toutefois d'un coup de coeur, mais je lirai volontiers la suite, Jeanne la Mince et l'amour, pour y retrouver la même fraîcheur et le même charme désuet.

Mon verdict
   4/5, amusant


dimanche 2 novembre 2014

In English - George Orwell - Animal Farm

   First of all, I really like George Orwell. I read 1984 of course, and loved it. I also read A Clergyman's Daughter, and I definetely fell in love with this author. This is why I read one week ago one of Orwell's most well-known novels, Animal Farm. I knew the theme because we read an extract during an English class last year, and I thought it was time for me to read it...
Title: Animal Farm
Author: George Orwell
Genre: apologue
Year: 1945
Country: Great Britain
Summary
   The farmer from Mannor Farm, Mr. Jones, is alcoholic and treats poorly the animals. This is why they one day decide to rebel and stand against humans. They expel the farmer's family and have to organize the govenment of the farm. The pigs decide to rule the farm, because they are considered as the most intelligent species. Amongst them, Snowball becomes the main leader, and creates a new theory, Animalism, which principes are:
1. Whatever goes upon two legs is an ennemy.
2. Whatever goes upon four legs, or has wings, is a friend.
3. No animal shall wear clothes.
4. No animal shall sleep in a bed.
5. No animal shall drink alcohol.
6. No animal shall kill any other animal.
7. All animals are equal.
He then establish a kind of democracy in the farm. But this system won't last long, because Napoleon, another pig, will expel him and make turn the democracy into a totalitarian regime.
My opinion
   Obviously, the most interesting thing about Animal Farm is that the novel is a critic of totalitarism, and more specifically stalinism. Napoleon seems to represent a dictator, the pigs the members of the Party, the other animals the population, the horse Boxer a stakhanovist worker, the hens the rebel, the raven Moses religion and the priests, tolerated by Napoleon (this made me think of Marx' quotation "Religion is the opium of the people"), and you can easily imagine who the sheep, who are ridiculed by the narrator, represent... Snowball may represent Trotsky. I thought what was really interesting in this novel, was that the transition from a generous idea, but a not very well-organized system to a total denial of this idea with the horrors of a totalitarian system. The subtle transformation of the Animalism principes and the fact that Snowball is regarded as the public ennemy number one, made me think of 1984, because Winston's job at the Verity Ministery is to manipulate History, and the Traitor Emmanuel Goldstein is regarded exactly the same way that Snowball is in this novel.
   So the book is not at all childish, like the theme, the farm animals, could make you think, but really interesting, as far as History and politics are concerned. I personnally think that trying to discover who represents who is a kind of mental challenge I really like. Let's add that Orwell's writing is excellent, and you will guess I loved this book. However, I was a bit disappointed by the ending, just like as in A Clergyman's Daughter.
To conclude
   5/5, a fascinating political analysis of stalinism

dimanche 26 octobre 2014

David Lynch - Elephant Man (film)

   Ceci est un petit cadeau à l'attention de ceux de mes lecteurs qui passeront, comme moi, le bac de Français à la fin de l'année. En effet, nous avons regardé ce film au lycée dans le cadre de l'objet d'étude "La vision de l'homme du XVIème siècle à nos jours". Je vous livre donc mon avis sur ce film, avis que je rédige en français contrairement à mes habitudes, puisque le cinéaste est de langue anglaise, mais comme mon billet du début de la semaine était rédigé dans la langue de Shakespeare, je me suis dit "Point trop n'en faut, je suis française, que diable !", et voilà donc les raisons de cette entorse à mes habitudes.

Titre: Elephant Man
Réalisateur: David Lynch
Avec: John Hurt, Anthony Hopkins
Genre: biographie - drame
Date de sortie: 1980
Pays: Etats-Unis - Royaume-Uni

Résumé
   Le film est une adaptation romancée de la vie d'un homme né atteint d'une atroce difformité, Joseph Merrick, qui a vécu à l'époque victorienne. A travers le point de vue du docteur Treves (Anthony Hopkins), le spectateur le découvre traité comme un animal par un forain qui en fait son gagne-pain. Le docteur, révulsé par son sort horrible, le fait admettre à l'Hôpital de Londres, tout d'abord pour étudier son cas physiologique, puis en essayant de l'aider à se remettre des années terribles qu'il a passsées avec son "maître" en le traitant, enfin, humainement. John Merrick réapprend donc la confiance et la vie en société. Cependant, le forain n'a pas dit son dernier mot et John, surnommé "homme-éléphant" de par son physique, devra faire face aux pires travers de l'homme.
Mon avis
   Comme on s'en doute, ce film est bien sûr l'occasion d'une réflexion sur l'humanité et la question de la monstruosité. L'origine de la difformité de John Merrick reste floue, le spectateur peine à trancher entre l'origine surnaturelle ou due au hasard de celle-ci. John Merrick, obligé de vivre coupé du monde, même après sa rédemption, suscite l'interrogation du spectateur. Peut-être plus qu'une réflexion sur la monstruosité, ce film touche également, et ceci est mon interprétation personnelle, à la question de l'humanité en général et du mal dans la nature humaine en particulier, à travers les différentes façons d'envisager la "monstruosité" de John Merrick et les réactions diverses des hommes à sa vue. Même le personnage du docteur Treves, qui pourtant arrache Merrick à son tortionnaire, est pour moi ambigu: le cours magistral qu'il donne sur John Merrick en détaillant son anatomie, les articles de journaux avec des titres à sensation, les visites de personnalités chez John Merrick ne sont-ils finalement pas aussi la preuve d'un autre voyeurisme, plus policé certes, mais qui porte tout autant atteinte à la dignité humaine ? Je ne peut m'empêcher de rapprocher cette problématique de ce qu'on peut voir aujourd'hui dans les journaux, à la télévision, sur Internet, ces médias nous abreuvant à chaque conflit ou catastrophes naturelles de corps déchiquetés, de populations accablées photographiées en un instant si terribles pour elles ? Une nouvelle forme de voyeurisme est-elle née ? L'information est-elle à ce prix ? Vaste question à laquelle je ne m'engagerai pas à répondre... Cette digression m'amenant à affirmer que cette dimension presque philosophique confère à ce film une bonne partie de son intérêt.
   Mais ce qui m'a personnellement le plus frappée dans ce film, et ce qui fait pour moi son originalité, c'est la force, l'intensité des réactions qu'il suscite chez le spectateur (ou en tout cas qu'il a suscitées chez moi). En effet, plusieurs scènes broient le cœur, tant on se rend compte à quel point la cruauté humaine et le simple voyeurisme ou curiosité malsaine peuvent faire des ravages. En cela, l'atmosphère du film, la musique, le choix du tournage en noir et blanc, le jeu parfait et plein de sobriété des acteurs contribuent également. Je dois avouer que je n'ai jamais réagi (intérieurement, cela va sans dire) aussi violemment devant un film. La pitié, l'horreur humaine, la compassion, tous ces sentiments, je les ai ressenti avec une intensité que je n'avais jusque là jamais éprouvé devant une œuvre cinématographique.
   Cela va sans dire que son visionnage est cependant, selon moi, à éviter aux enfants jusqu'à un certain âge, car ce film est tout de même très impressionnant. Mais vous l'aurez compris, je ne peux que recommander cet excellent film, avec beaucoup d'enthousiasme, puisqu'il combine réalisation de qualité et intérêt sans conteste.
Mon verdict
   5/5, une œuvre d'art d'un grand intérêt

vendredi 17 octobre 2014

Slavomir Rawicz - A marche forcée

      Encore une fois je commence un billet en m'excusant de mon retard... c'est fâcheux. Je vous épargnerais les détails de mes empêchements dûs à ma vie passionnante, et vais "au fait", comme dirait le juge Perrin Dandin dans Les Plaideurs. 


Titre: A marche forcée

Auteur: Slavomir Rawicz
Genre: autobiographie/roman autobiographique (il existe une controverse à ce sujet)
Date de publication: 1956
Nationalité de l'auteur: polonaise
Langue de l'écriture: anglais

Résumé
   Après avoir été arrêté par les Soviétiques au moment du partage de la Pologne entre l'Allemagne et l'URSS en 1939, Slavomir Rawicz est condamné par un tribunal de la Loubianka à 25 ans de travaux forcés uniquement parce qu'il est officier polonais. Au terme d'un séjour atroce dans les pires geôles russes, le jeune homme est envoyé au camp 303, en pleine Sibérie. Cependant, malgré les conditions de vie très difficiles, Slavomir veut survivre dans cet enfer. Ayant pris la décision de s'évader, il prend ses dispositions, rassemble six camarades autour de lui et les voilà partis dans l'immensité glacée de la Sibérie. De la Lena au lac Baïkal, en passant par le désert de Gobi et l'Himalaya, les sept amis devront faire face à la faim, la soif, la fatigue, la maladie, le froid et la mort...

Mon avis
   Tout d'abord, j'ai trouvé ce livre passionant. En effet, il se lit comme un roman d'aventures, à la seule différence que ces aventures ont été vécues. A marche forcée tient réellement le lecteur en haleine, fasciné par l'épopée de ces hommes à travers l'Asie, les obstacles qu'ils parviennent à surmonter, leurs souffrances quotidiennes, les rencontres qu'ils font, leur soif de liberté, sans compter l'éclairage qu'il apporte sur le goulag.
   Cependant, une fois noté cet aspect, je constate que cet ouvrage m'a tout de même laissée sur ma faim. En effet, en plus de l'aventure physique, c'est une narration de l'aventure humaine que j'attendais, celle de l'expérience commune vécue par ces hommes, leur amitié, leurs espérances, leurs moments de découragements, leurs souvenirs, ne serait-ce qu'en ce qui concerne le narrateur. Malheureusement, et c'est dommage, l'introspection est peu ou pas poussée dans ce livre, ce qui, encore une fois, m'a beaucoup déçue, puisque ce manque cantonne cette épopée à une suite d'évènements et d'épreuves, certes peu communs, certes intéressants, mais survenant à des personnages sans intériorité et auxquels on peine à s'attacher. Fait significatif, j'ai eu du mal jusqu'à la fin du récit à identifier les personnages, tant leurs traits de caractère étaient peu marqués.
    Secundo, -mais il s'agit plus d'une simple opinion personnelle- l'emploi du passé simple tout au long du récit à la première personne du pluriel est un choix de traduction à mon sens peu judicieux car pas très esthétique ni harmonieux.
   Pour faire court, je n'ai pas été spécialement emballée par ce livre, malgré sa thématique prometteuse.

Mon verdict
   2,5/5; une aventure physique plus qu'humaine




dimanche 28 septembre 2014

Romain Gary - Les Cerfs-Volants

   Aujourd'hui j'aimerais vous présenter un livre que j'ai dû lire au lycée (et que je présenterai comme oeuvre complète au bac de Français...). Vous connaissez peut-être mon amour des lectures imposées... Ça a donné un beau gâchis l'année dernière... Vous pensez donc comme j'étais enthousiaste en ouvrant ce livre...

Titre: Les cerfs-volants
Auteur: Romain Gary (pseudonyme de Roman Kačev)
Genre: roman historique, roman d'amour
Date de parution: 1980
Pays: France

Résumé
L'histoire s'ouvre dans un petit village de Normandie, Cléry, en 1932. Le petit Ludo, orphelin de onze ans, vit chez son oncle Ambroise Fleury, facteur rural surnommé le "facteur timbré" par les habitants de Cléry en raison de sa passion pour la fabrication des cerfs-volants et de son pacifisme. Celui-ci l'élève en entretenant chez son neveu le don naturel des Fleury, la mémoire. Un après-midi, Ludo rencontre une petite fille un peu plus âgée que lui, une aristocrate polonaise au caractère fantasque, Lila Bronicka. Cette simple rencontre sera pour Ludo le début d'une grande passion amoureuse qui durera toute sa vie. Quatre ans plus tard, Ludo retrouve Lila, devenue jeune fille, qui passe ses vacances à Cléry avec son frère Tad, aux opinions marxistes, son ami Bruno, pianiste virtuose et son cousin allemand Hans qui sont tous deux subjugués par la jeune fille. Les cinq jeunes gens passeront des étés heureux à Cléry, entourant Lila dont le passe-temps favori est de rêver d'elle-même, de son avenir. Malgré la différence sociale qui les sépare, Lila tombe à son tour amoureuse de Ludo. Mais la Seconde Guerre Mondiale menace et troublera le bonheur de ces jeunes amants...

Mon avis
    Ce roman m'a beaucoup surpris. En effet, étant donné que j'ai horreur d'être obligée de lire un livre, je m'attendais à détester celui-ci. Pourtant, il n'en a pas été ainsi. Voilà pourquoi.
    D'abord, les personnages du roman sont tous attachants. Les sentiments de Ludo, le narrateur, sont admirablement rendus: sa jalousie vis-à-vis de Hans qui a la noblesse et la distinction qui lui manquent, son amour et sa fidélité pour ce personnage étrange et ambitieux de Lila, qui m'a un peu rappelé Zinaïda dans Premier Amour de Tourgueniev m'ont subjugué. Ambroise Fleury, son patriotisme, sa bonhommie et son originalité m'ont conquise. Le personnage haut en couleur de Marcellin Duprat, chef cuisinier haut en couleur du Clos Joli, le restaurant triplement étoilé de Cléry et haut lieu de la gastronomie française, m'a étonnée, amusée et suscité mon admiration pour l'idée qu'il a de la France.
    Le deuxième point fort de ce roman, c'est son aspect historique. En effet, la Seconde Guerre mondiale est une période de l'Histoire qui m'intéresse, mais sur laquelle tant de romans, bons comme médiocre, ont été écrits, et qui déchaîne encore certaines passions aujourd'hui, si bien que tout cela en fait un sujet difficile à traiter sans tomber dans la banalité ou le manichéisme, à mon avis. Ce roman est merveilleux, parce que ce roman est une ode à l'âme de notre France, représentée par la Résistance active de certains personnages comme par la Résistance culturelle menée par Marcellin Duprat, tout en n'occultant pas certains côtés plus sombres de l'après-Libération, comme l'épuration par exemple. De plus, ce roman n'est pas empreint d'un chauvinisme stupide, c'est une ode à ce qui a fait la grandeur de la France, son histoire, sa culture, sa gastronomie, à travers le thème de la mémoire, thème central du roman. Il m'a rappelé le film de Jean Renoir La Grande Illusion, car on y voit un général prussien amoureux de la France, et de la culture en général, luttant contre le nazisme.
    Le style de Romain Gary est magnifique, sobre mais rayonnant de vie et de beauté. Le livre est globalement facile à lire, il est passionnant et se lit d'une traite.
    J'ai donc absolument adoré ce livre, que je recommande chaudement, d'autant plus que je pense qu'il peut plaire à un très large public.

Mon verdict
    5/5, un merveilleux roman, hymne à la mémoire, à la culture et à la France.



vendredi 22 août 2014

Kafka - La Métamorphose

   Me voilà de retour avec une nouvelle cette fois. J'ai de nombreux sujets de billets en attente, deux films et un livre, j'essaierai de poster dans peu de temps.

Titre: La Métamorphose
Auteur: Franz Kafka
Genre: nouvelle fantastique
Date de publication: 1915
Pays: Autriche-Hongrie

Résumé
   Grégoire Samsa est un jeune commis voyageur qui subvient aux besoins de sa famille. Un matin, il se réveille dans le corps d'une sorte d'insecte monstrueux. Bien sûr, il est en butte à des problèmes d'ordre pratique, puisque son grand corps invertébré se révèle difficile à mouvoir. Mais la réaction de sa famille est ce qui l'affecte le plus: il les répugne, et ses parents et sa soeur lui sont d'autant plus hostile qu'il ne rapporte plus la paie nécessaire à la survie matérielle de la famille. Au début, seule sa soeur s'occupera de lui avec un peu de sollicitude, puis sa mère, mais Grégoire sera finalement vite rejeté par les siens.

Mon avis
   Cette nouvelle fantastique est finalement plutôt une nouvelle allégorique, ayant pour thème l'exclusion et le rejet que provoque la différence. En effet, Grégoire est vite mis à l'écart et déconsidéré par toute sa famille qui se montre absolument odieuse à la fin de la nouvelle. L'empathie du lecteur pour le personnage principal est donc importante.  Cette exclusion de la part de sa famille et le dégoût qu'il suscite pousseront même Grégoire, je pense, à la perte de sa dignité et à l'oubli même de son humanité. En cela l'allégorie est remarquable, d'autant plus qu'elle est appuyée par la narration.
   En effet, toute la nouvelle est empreinte, malgré le côté mystérieux et obscur du fantastique de la métamorphose de Grégoire (d'ailleurs jamais décrit dans la nouvelle, et dont on imagine seulement l'aspect repoussant), d'un certain réalisme dans l'évocation des personnages, des lieux, des actions. L'humour se fait même sentir lors de la description du père, vieux commis de banque si fier de son uniforme de travail qu'il en devient ridicule. 
   J'ai également remarqué que les pensées et impressions du héros ne sont finalement presque pas rapportées. Certains pourraient trouver cela gênant. Pour ma part, je trouve que ce procédé permet d'éviter à ce récit de tomber dans le pathos, tandis que l'allégorie, elle, gagne en force de part la suggestion de l'intériorité de Grégoire, adresse à l'imagination du lecteur.
   J'ai trouvé le style de Kafka très agréable à lire. Cette nouvelle faisait partie d'un recueil sur lequel je voulais initialement écrire ce billet. J'ai lu deux autres nouvelles, Le verdict et Le nouvel avocat qui m'ont semblé tellement obscures que j'ai renoncé. Je crains de n'avoir pas la maturité suffisante pour saisir toutes les allégories présentes dans ces nouvelles, même pour La métamorphose où elle était plus évidente. Dans quelques années peut-être... Pour l'instant, je crois que je vais momentanément abandonner Kafka. 

Mon verdict
   3/5, allégorie juste




dimanche 3 août 2014

Patrick Süskind - Le Parfum

  Comme promis, voici donc l'article sur Le Parfum.

Titre: Le Parfum
Sous-titre: Histoire d'un meurtrier
Auteur: Patrick Süskind
Genre littéraire: roman
Année: 1985
Pays: Allemagne

Résumé
   Jean-Baptiste Grenouille, enfant trouvé dont la mère a été exécutée pour tentative d'infanticide, naît à Paris en plein XVIIIème siècle. La Ville Lumière est alors un cloaque dégageant des relents infects,  l'hygiène de l'époque étant assez sommaire... Mais dans cette puanteur, Jean-Baptiste encore nourrisson se révèle assez original: en effet, il ne dégage aucune odeur. C'est pourquoi il repousse la plupart des gens qui le considèrent comme une créature démoniaque. Il grandit tant bien que mal dans une pension tenue par une nourrisse absolument insensible, et se fait remarquer par sa capacité à résister aux maladies. Là se développe chez lui un sens de l'odorat extrêmement sensible. Devenu enfant, il est envoyé chez un tanneur, où il exerce un métier difficile et dangereux à cause des émanations des produits employés, tout cela dans des conditions de vie déplorable. Au fur et à mesure des années, il finit par gagner un peu plus de liberté en obtenant le droit de sortir dans Paris. Lors d'une fête populaire, son nez si fin perçoit une odeur délicieuse qu'il n'avait jamais rencontré auparavant. C'est ainsi que le jeune Grenouille arrive jusqu'à une jeune fille, qu'il décide de tuer afin de s'approprier son odeur. Il commencera alors une longue quête pour devenir parfumeur et être capable de créer un parfum de cette senteur. 

Mon avis

  La première qualité de cet ouvrage fascinant, c'est que le lecteur parvient à "sentir", grâce à la capacité merveilleuse qu'a son auteur de décrire des odeurs. Par cette lecture, c'est tout le sens volatil, fugitif et indéfinissable de l'odorat qui est sollicité, ce qui est assez original pour être souligné. La force de ce livre réside dans le pouvoir de suggestion fantastique du champ lexical des parfums. C'est à mon sens ce qui constitue l'intérêt principal du Parfum.
   Ce qui m'a aussi beaucoup intéressée, c'est cette plongée dans l'univers de la parfumerie. Les détails techniques de la fabrication d'un parfum au XVIIIème m'ont passionnée. Ainsi, un autre avantage de ce roman est d'être didactique: on apprend avec plaisir.
   Ce que je vais avancer maintenant est très personnel, subjectif. Je trouve que Le Parfum n'est pas, ou presque pas, un roman psychologique. Le fait est que je suis mitigée à ce sujet. Mes goûts m'inclinent à considérer cela comme un inconvénient, mais cela pourrait aussi bien être vu comme un point positif. Je m'explique: le personnage principal, Grenouille donc, n'a pas de personnalité. Aucune émotion ne semble traverser son coeur. D'ailleurs, selon moi, il tient plus du monstre que de l'être humain. Grenouille peut aussi être vu comme un malade mental, mais un malade mental logique et intelligent, habité par une idée fixe. C'est donc un personnage inquiétant qui conduit le récit à la lisière du fantastique. Il est vrai que, par rapport à lui, les personnages secondaires sont, pour la plupart, un peu sacrifiés.
   En ce qui concerne la pure forme, je n'ai personnellement pas accroché: les longues phrases travaillées m'ont laissée de marbre. Il est vrai que je préfère les phrases courtes et sèches de Camus, par exemple, (voir mon article sur l'Etranger), à leur profusion.
   Je n'ai pu m'empêcher de sourire à la mention du Plomb du Cantal "endroit le plus sauvage de France" selon Grenouille, un lieu que je connais bien. Le pauvre aurait un drôle de choc en voyant la station de ski qui y a été construite, ou le flot de randonneurs qui viennent y marcher l'été !...

Mon verdict
   4/5, belle évocation des odeurs

 

jeudi 31 juillet 2014

In English - Anna Karenina (movie) - Bernard Rose

   Anna Karenina by Leo Tolstoï is one of my favorite books ever. That is why I wanted to watch one of the movies. I saw the 1997 movie starring Sophie Marceau as Anna Karenina. Please forgive my mistakes...

Title: Anna Karenina
Director: Bernard Rose
Starring: Sophie Marceau as Anna, Sean Bean as Vronsky, Alfred Molina as Levin, Mia Kirshner as Kitty Shcherbatsky, James Fox as Karenin
Year: 1997
Country: Great Britain

Plot
   Konstantin Levin is a Russian aristocrat who lives in the country. He is in love with Princess Kitty Shcherbatsky, and proposes to her, but she refuses, because she loves count Alexeï Vronsky, a brilliant officer. But Vronsky meets Anna Karenina, a beautiful young married woman who has already a son, Gricha. They love each other passionately. First, Anna tries to reject Vronsky's advances,  but he follows her to Petersburg. Anna's husband is too old and conformist to understand her, that is why she becomes Vronsky's mistress. One day, she decides to confess her  husband to everything...

My opinion
   First, I do not think that the atmosphere was right. In any case, I did not find the atmosphere of the book again. Then, I find the movie aesthetically averadge. The lights were leaden, the hairdresses ugly. Nevertheless, the dresses were nice. 
   Then, to my mind, the characters'personnality was not developped enough, the relations betwin Anna and Vronsky were touched on, so as Anna's suicide seemed inappropriate. The oposition between Levin and Kitty's happy couple, and Anna and Vronsky's troubled couple was not as clear as it should have been.
   As far as comparing with the novel is concerned, the film is globally like the novel (except that Anna's daughter is not mentionned), but it does not have all the subtle details which make Tolstoï's novel brilliant. The character of Levin, who was my favorite one in the novel, due to his spiritual doubts, is hardly developped, like all the country life and the spiritual and philosophical dimension that are so important and interesting in Tolstoï's books.
   That is why I was so disappointed about this film. For my part, I think it is really not as good and close to Tolstoï's work as the excellent War and Peace, a 2007 TV movie directected by Robert Dornhelm, which was really awesome.

To conclude
   2/5; disappointing
 

  I have finished readind Perfume, by Patrick Süskind, and I will write something about it soon.

 

samedi 7 juin 2014

Albert Camus - L'Etranger

  Un article sur un grand classique de la littérature française du XXème siècle.

Titre: L'Etranger
Auteur: Albert Camus
Genre: roman
Année de publication: 1942
Pays: France

Résumé
   Dans l'Algérie française des années 40, un homme, Meursault, modeste employé, vient de perdre sa mère. Ce deuil ne semble pas l'affliger plus que ça puisque, le lendemain même, il prend pour maîtresse une jolie jeune femme, Marie. Lors d'un séjour chez un ami, Raymond, Meursault se trouve amené à tuer un Arabe, ennemi de Raymond, alors qu'il n'est pas en pleine possession de ses moyens. Il est alors arrêté, mis en prison, et a la sensation que sa vie lui échappe, sans paraître plus s'en préoccuper.

Mon avis
   Ce livre m'a beaucoup surprise, principalement à cause du personnage étrange et indéchiffrable de Meursault. L'insensibilité, le fatalisme de ce personnage somme toute ordinaire, ni bon ni mauvais, mais n'éprouvant presque aucun sentiment, m'ont frappée. Le personnage, qui est également narrateur, est accablé par le poids du destin, de la fatalité, de l'absurdité de la vie. Son absence totale d'espérance, qui ne va même pas jusqu'au désespoir profond, mais qui est mêlée d'une résignation indifférente, m'ont terrifiée. Meursault est un incompris (d'où le titre, L'Etranger); 
; les autres personnages veulent absolument faire de lui un monstre.
   Le thème principal du roman est donc le destin: pour un moment d'égarement, pour quelques gestes insignifiants comme avoir pris du café au lait devant le corps de sa mère morte alors qu'il la veillait, détail qui aura beaucoup de poids le jour de son procès, la vie de Meursault lui échappe, il est condamné. Meursault n'a pas eu de chance, quelques coïncidences fatales l'ont mené vers la mort. On pourrait rapprocher cette oeuvre de la nouvelle La Parure, de Maupassant, où l'on perçoit de la même façon la toute-puissance du destin.
   Quant au style, il est, je l'avoue, un peu déroutant, surtout par le recours quasi-systématique au discours indirect ou indirect libre, qui sert pourtant de façon admirable cette distanciation du personnage par rapport aux évènements qu'il vit.
 
Mon verdict
4/5; un admirable roman tragique

   Je ne résiste pas au plaisir de partager quelques citations, très connues d'ailleurs, mais tout à fait représentatives du roman:
"Aujourd'hui maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas." (Incipit du roman)
"Je n'avais pas fait telle chose alors que j'avais fait telle autre. Et après ? [...] Rien, rien n'avait d'importance et je savais bien pourquoi. Du fond de mon avenir, pendant toute cette vie absurde que j'avais menée, un souffle obscur remontait vers moi à travers des années qui n'étaient pas encore venues et ce souffle égalisait alors dans son passage tout ce qu'on me proposait alors dans les années pas plus réelles que je vivais."



vendredi 25 avril 2014

Claude Michelet - Cette terre est la vôtre

   Je m'intéresse beaucoup à tout ce qui touche l'agriculture. C'est pourquoi je me suis lancée dans la lecture d'un livre sur le sujet : Cette terre est la vôtre, de Claude Michelet. Je m'explique: Claude Michelet est l'un de mes auteurs préférés; j'ai dévoré la trilogie des Gens de Saint-Libéral ( Des grives aux loups etc...) et J'ai choisi la terre, où il raconte son expérience d'agriculteur, m'a passionnée.

Titre: Cette terre est la vôtre
Auteur: Claude Michelet
Genre: essai
Date de publication: 1982
Pays: France

Contenu
   Claude Michelet, dans ce livre, dépeint les principaux problèmes auxquels se trouve confrontée l'agriculture en cette fin du XXème siècle. C'est un cri d'alerte qu'il lance aux citadins pour qu'ils ne laissent pas mourir cette terre nouricière. Il commence par distinguer plusieurs types d'agriculture, puis décrit différentes catégories d'exploitation. Il s'attaque ensuite au problème du revenu financier des agriculteurs, en chute libre, tente de décrypter le caractère paysan. Il aborde ensuite le côté social et familial de l'agriculture, puis confie envisager le travail de la terre comme une source de bonheur. Il passe ensuite en revue les défis qu'a à affronter l'agriculture, après avoir dit quelques mots sur la "mode rétro" de retour à la terre qui est toujours vivace aujourd'hui. Il termine sur une note d'espérance et conclut par un vibrant plaidoyer en faveur de l'agriculture.

Mon avis
   Evidemment, depuis 1982, certaines choses ont changé. Mais la situation de l'agriculture en France est toujours, sinon plus, désastreuse, et le grand public gagnerait à être alerté et informé sur les réalités de ce  beau métier d'agriculteur. C'est pourquoi ce livre est très intéressant, il m'a vraiment fait prendre conscience des difficultés de ce métier. De plus, le langage utilisé n'est jamais obscur ou trop technique, ce qui rend cet ouvrage parfaitement accessible au plus grand nombre. Claude Michelet a, ce me semble, une vision prophétique de l'échec des politiques agricoles européennes.
  Ce que j'ai particulièrement apprécié, ce sont les prises de position de l'auteur: en effet, tout en dénonçant les conséquences désastreuses pour l'environnement d'une agriculture trop intensive, il refuse une agriculture passéiste, car l'enjeu de la nutrition d'une population mondiale toujours croissante est trop important. Pour cela, il défend le côté profondément humain de l'agriculture (j'ai trouvé l'expression qu'il emploie pour désigner la femme adorable: "la clé de voûte"). Pour relever l'agriculture, selon lui, il faudrait des gens intelligents, doués de bon sens, et suffisamment responsables et respectueux des hommes et de l'environnement. Je peux dire que j'adhère globalement à sa vision des choses...
   Par contre, certains chapitres plus économiques m'ont paru assez rébarbatifs, il faut dire que la monnaie utilisée est le franc, qui ne signifie pas grand-chose pour moi...
   J'ai donc aimé ce livre qui m'a beaucoup intéressée et m'a fait prendre conscience des réalités du monde agricole.

Mon verdict
   4/5, passionnant et poignant.










mercredi 16 avril 2014

François Mauriac - Thérèse Desqueyroux

  Je suis de retour avec un roman de François Mauriac, Thérèse Desqueyroux.

Titre: Thérèse Desqueyroux
Auteur: François Mauriac
Genre: roman
Date de parution: 1927
Pays: France

Résumé
   Thérèse Desqueyroux est une jeune femme landaise, héritière de plusieurs hectares de pinèdes, qui vit au début du XXème siècle. Dans le train qui la ramène du procès où a été conclu un non-lieu en sa faveur, elle se remémore sa jeunesse heureuse dans le petit village d'Argelouse, son mariage, vite décevant, avec Bernard Desqueyroux, à qui elle était promise depuis sa naissance, et tente de déterminer les raisons qui l'ont poussée à essayer de l'empoisonner, il y a quelque mois de cela. Indépendante, Thérèse, à cause de sa forte personnalité, a du mal à supporter le carcan de la famille et de l'obsession du qu'en-dira-t-on. Son intelligence supérieure et son  esprit tourmenté s'accommodent mal de son mari terre à terre et borné. Comment réagira Bernard au retour de celle qui a voulu sa mort ? Comment Thérèse elle-même affrontera-t-elle le mépris et l'incompréhension auxquels elle se trouve en butte ? La réponse à ces questions constitue l'objet de ce roman.

Mon avis
   J'ai plutôt bien aimé ce roman. Ce qui y est fascinant, c'est la façon extraordinaire dont Mauriac fait rentrer le lecteur dans les pensées et l'intimité de ce personnage de femme et de criminelle hors du commun. Ses hésitations, ses questions, ses sentiments, et les motivations de son crime, somme toute assez floues, sont extraordinairement bien rendues. Thérèse provoque chez le lecteur des réactions mitigées de compassion, d'empathie mais aussi d'angoisse, car Thérèse est un personnage sombre et assez inquiétant. C'est cette ambiguïté de Thérèse, qui la rend très énigmatique, que j'ai aimée dans ce roman.
   La fin du roman est à l'image de ce personnage, pleine de contradictions, mystérieuse; si elle laisse d'abord place à un sentiment de frustration, elle s'impose vite comme la seule convenant à Thérèse. Je n'en dis pas plus...
   Par contre, le roman est assez difficile à lire, malgré ses 120 pages, parce qu'il est complexe et sombre. Il n'en reste pas moins admirable et m'a intriguée et fascinée.

Verdict
   4/5, fascinant.